La minceur

Ah la minceur ! Mon Graal !

Mais finalement c’est quoi la minceur ? C’est subjectif ? J’entends par là avoir une silhouette dans laquelle on se sent bien, qui nous permet de bouger à notre guise, qui nous fait nous trouver harmonieuse ? Ou c’est objectif ? C’est-à-dire en tenant compte de différents indicateurs, tels que poids, IMC, taux de masse grasse, de masse maigre, de masse hydrique, de densité osseuse ? Ou encore un rapport poids de corps/force/puissance ? J’imagine que c’est un mélange de tout cela.

J’ai eu une mère et une grand-mère maternelle extrêmement minces toute leur vie. Les deux se sont privées de tant de catégories d’aliments toute leur vie pour obtenir cette minceur. Ma mère a même été anorexique adolescente.

J’ai aussi eu une grand-mère paternelle, obèse à l’extrême (pesant 130 kilos pour 1m55). Côté génétique je tiens plus de mon côté paternel. Même mince, je ne suis pas fine et gracile.

Dès mon plus jeune âge, j’ai eu une vision déformée de la minceur, j’ai perdu tout repère, empêchée de manger d’un côté, gavée de l’autre. Ma grand-mère maternelle et ma mère ont cultivé leur minceur, non pas pour elles, pour être bien dans leur peau, mais pour plaire à leur mari respectif. Mauvaise raison s’il en est selon moi. Ma grand-mère paternelle a lutté toute sa vie contre son obésité, mais le plaisir de manger et de faire la fête était le plus fort. Malgré son diabète insulino-dépendant elle n’a jamais pu résister…

Bref, je ne vais pas revenir sur mon obésité, j’ai fait de longs articles là-dessus l’été dernier. Et moi aussi, j’ai cherché la minceur toute ma vie pour de mauvaises raisons. Mais depuis deux ans que je travaille avec Paul, j’ai profondément changé d’état d’esprit. D’abord je ne veux plus la minceur à tout prix, je veux l’harmonie de la silhouette, même si pour cela je pèse plus lourd que ce qu’exige l’IMC. Je veux me sentir légère, je veux pouvoir courir, sauter, danser sans avoir mal aux articulations. Je veux pouvoir me regarder sans grimacer de dégoût, je veux être en bonne santé (ce sur quoi je peux agir évidemment, je ne peux pas éviter certaines maladies avec la minceur et le sport…), je veux ne plus penser non-stop à ma relation avec la nourriture, me demander si je peux manger ceci ou cela, je veux manger ce qui me fait envie.

J’écris « je veux » sciemment, et non pas « je voudrais », car oui je veux tout ça, et je sais que je peux l’obtenir. Pendant plusieurs décennies, je me suis contentée de « RIEN », mais aujourd’hui je sais qu’en y travaillant, en faisant les choses patiemment, de la bonne façon, en me remettant en questions, en respectant mon corps, en me respectant tout court, je peux obtenir une bonne image de moi. Je peux apprendre à être fière de moi. Ce qui a changé aussi, c’est que je ne me laisse plus abattre par les évènements extérieurs. Ce sur quoi je peux agir, j’agis. Ce sur quoi je ne peux pas agir, je contourne.

Rien ni personne ne m’empêchera plus de devenir celle que je veux être. La semaine dernière, Paul m’a dit quelque chose qui m’a profondément bouleversée. « Tu y es à la minceur ». Entendre ça m’a fait pleurer. Paul ne dit pas ça pour me faire plaisir.

Ces derniers mois j’entends beaucoup de choses. « Maintenant tu peux arrêter, tu deviens maigre, tu as une sale tête. » « Arrête, de toute façon tu vas regrossir alors pas la peine de te rendre anorexique ». « Arrête, tu n’es pas faite pour être mince tu as une carrure trop large ». « Tu as tellement de chance, ton corps change et tu peux manger ce que tu veux ». Et j’en passe…

Alors, il y a ceux qui m’aiment en vrai et ne veulent pas que j’aille trop loin et risquer ma santé, mais il y a surtout ceux qui aimeraient tant me voir échouer. Ceux que ça dérange de voir que non, la ménopause n’est pas une fatalité qui fait grossir. Ceux qui voient qu’au-delà de faire du sport, je fais une démarche holistique, et que je me sens bien physiquement mais aussi et surtout psychologiquement, ceux qui ça fait ch… de voir qu’ils n’ont plus de copine grosse et mal dans sa peau, les rassurant quant au fait qu’il y a pire que leur situation, ceux qui, énervés de voir qu’aujourd’hui j’ai du répondant, parlent dans mon dos au lieu de parler devant moi, ceux qui, agacés de me voir sourire au lieu de raconter ma vie et geindre en permanence, inventent. Ceux qui toute leur vie ont refusé de se regarder en face et d’admettre qu’ils pourraient se remettre en question au lieu d’accuser les circonstances extérieures, etc etc…

Bref, peu sont ceux dont je peux vraiment croire ce que je vois dans leur regard. Et Paul, eh bien son regard, il est objectif. Il a un regard de clinicien, en aucun cas le regard d’un homme sur une femme ou le regard d’un ami qui veut me faire plaisir. Il connaît mon corps parfaitement, il voit l’évolution avec ses yeux de pro, les muscles qui se développent, et surtout, il a des mesures objectives. Le poids. Mais pour lui le poids est l’indicateur le moins fiable, le moins parlant. Il y a donc l’IMC, qui découle directement du poids, mais il y a le taux de masse maigre, de masse musculaire, de masse grasse. Ces taux n’étant pas les mêmes selon les parties du corps.

Et oui, nos analyses vont jusque là. C’est intéressant de voir par exemple le taux de masse musculaire dans les jambes, les bras, le ventre, le dos… Le taux de masse hydrique, le taux de densité osseuse etc etc… La cohérence cardiaque également, le souffle, l’explosivité, la puissance… Tout cela n’est pas pareil, ne veut pas dire les mêmes choses. On a tous nos points forts, nos faiblesses…

Alors quand Paul me dit que j’arrive à la minceur, eh bien je sais que c’est un fait. Ma silhouette le confirme, mon poids le confirme. En revanche, nous ne sommes pas encore au mieux de ce que je peux obtenir. Il sait que je ne me sens pas encore à l’équilibre. Je ne sais pas si je le sentirai d’ailleurs. Je n’ai jamais été mince, je n’ai jamais ressenti ce que tout le monde appelle son poids de forme. Mais je sais que je n’y suis pas.

J’ai encore un petit bourrelet dans le dos, mon estomac est presque plat, mais j’ai encore un peu de ventre. Et surtout, quand je cours, je me sens un tout petit peu lourde. Paul comprend cela, alors que ça peut paraître exagéré… Il me dit qu’en effet, je ne suis pas encore au taux de masse grasse optimal, pas loin, mais il en reste un peu. Paul est honnête, il ne me fait jamais de compliments dans le vide, alors s’il me dit que j’arrive à la minceur je le crois et je m’en réjouis.

Et quand il me dit qu’on peut améliorer encore un peu, je le crois aussi. D’autant que je suis absolument d’accord. Je le sens que mon corps n’est pas encore au max. Paul est honnête, il m’a dit qu’il me dira quand nous serons au mieux de ce que nous pouvons obtenir. Obtenir pour moi, entendons-nous bien. En tenant compte de mon âge, du maximum que j’ai déjà pesé, ma génétique, ma densité osseuse… Car évidemment, le corps le plus en forme, le plus sportif que je peux obtenir aujourd’hui n’est pas celui que j’aurais pu obtenir si j’avais commencé quand j’avais 20 ans, et n’est pas celui de quelqu’un d’autre.

Prochain bilan avec la InBody (la machine qui analyse toutes les mesures) le 31 août. De là, nous déciderons des objectifs de l’année qui commence le premier septembre, année forcément différente des deux précédentes, d’abord parce que ce sera l’année de la stabilisation du poids, l’année de la finalisation des masses maigre et grasse souhaitées, et surtout, une année passionnante car nous allons changer d’endroit. Cette année sera tellement importante pour Paul, je vous explique avant la fin de la semaine.

Je continue donc dès la rentrée sur ce rythme de quatre séances de muscu, et une de cardio hebdomadaires avec Paul, jusqu’à ce qu’il me confirme que nous sommes au mieux de ce que je peux être/obtenir. Et que je devrais ressentir d’ailleurs quand j’y serai. Ensuite ce sera de l’entretien, trois séances de sport par semaine, avec ou sans lui. Ou une avec lui, deux seule, enfin on n’y est pas encore.

Et ensuite, en ce qui concerne la minceur, on a le ressenti. Comment je me sens dans mon corps ? Comment je me perçois ? Je me sens mieux que jamais. Et je commence à me trouver regardable… Je n’ai jamais pesé aussi peu depuis que j’avais 10-12 ans. J’ai eu mes règles à dix ans, je mesurais déjà 1m70, j’avais plus de poitrine qu’aujourd’hui. A 11 ans ma mère m’a emmenée acheter mon premier soutien-gorge, un 100D. A mon max (113 kilos), je mettais des SG en 110F. Aujourd’hui mes SG sont en 90B. A onze ans, je m’habillais en taille 42. A mon max, en taille 54. Aujourd’hui à bientôt 56 ans, je m’habille en 38-40. Donc c’est un peu perturbant pour moi aujourd’hui qu’on me dise que je deviens mince, alors même qu’à 11 ans je ne l’étais pas. Je ne l’ai jamais été. Je me suis battue plus de 40 ans pour l’être, aujourd’hui je ne veux plus me battre contre moi, je suis épuisée de toujours lutter, mais je vais travailler à conserver l’équilibre auquel je parviens. J’adore me sentir mince, légère, et j’aime plus que tout la liberté et la légèreté de l’esprit que ça procure.

En deux ans de travail avec Paul j’ai plus évolué qu’en 40 ans. J’étais mûre pour mener ce travail, pas seulement physique, mais surtout psychologique. Un des tout prochains articles, je vous explique les séances de PNL, et les longues discussions de mindset avec Paul.

Bref, je titre sur la minceur, et en conclusion, après y avoir beaucoup réfléchi, il me semble que la minceur est vraiment une chose subjective. Bien sûr il y a des critères physiques indéniables, mais il y a aussi l’état d’esprit. Et ça, je n’y suis pas encore. Neuf fois sur dix quand je croise mon reflet dans un miroir ou une vitrine, soit je me trouve grosse, soit je sursaute en me demandant si c’est bien moi. Je me comporte toujours en grosse, peut-être plus en obèse, mais en grosse, j’essaie toujours de me faire la plus petite possible quand je suis avec d’autres gens… J’ai encore du travail à faire…

Sur ces bonnes paroles, je m’en vais courir… Ah oui, il n’est que 14h30 et je vais courir. Car je suis en vacances en fait. Je reviens tout à l’heure vous dire.

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