
Avoir des crises d’angoisse, c’est désagréable, c’est même plus que ça, c’est douloureux. Physiquement autant que psychologiquement. J’ai comme une chappe de béton sur les épaules qui me paralyse, m’empêche littéralement de bouger, et surtout, m’empêche de réfléchir, de relativiser, de prendre du recul, d’appréhender la réalité telle qu’elle est et non telle que mon angoisse me la fait percevoir.
Il y avait plus d’un an que je n’en avais pas eue, mais celle-ci fut corsée. Habituellement ça dure quelques heures, une journée tout au plus, celle-là m’a envahie pendant deux jours et deux nuits. Tout à coup, j’ai eu l’impression que rien n’allait, et que ma vie telle qu’elle est en ce moment ne peut pas durer ainsi. Je viens de passer une année comme je ne veux plus en passer.
Une année épuisante, sans temps de repos ni de récupération. Une année avec beaucoup de travail, beaucoup d’heures de travail, beaucoup, beaucoup. Des fins de semaine réduites à peau de chagrin, ne me permettant pas de souffler. Une année sans vie de couple, une année avec en tout et pour tout cinq jours de vacances en tête-à-tête avec Chéri, et deux weeks-ends où nous sommes partis.
Une année à m’occuper de tout et de tout le monde, au niveau personnel, familial, professionnel. J’ai fait un burn-out en 2018, j’ai mis 18 mois à m’en remettre, je n’en ferai pas un deuxième. Pour le premier, j’ai délibérément refusé de voir et d’entendre les signaux de mon corps, de mon esprit… Aujourd’hui j’ai appris à respecter et écouter mon corps, alors cette crise d’angoisse de deux jours, je la prends plus qu’au sérieux.
Je ne veux pas entamer en septembre une nouvelle année comme celle qui vient de s’écouler. Et pour ça, c’est à moi de réfléchir, et de mettre des choses en place. Physiquement je vais bien. Je n’ai même jamais été aussi bien. En aussi bonne santé. Simplement je suis épuisée. Ca peut paraître contradictoire mais c’est comme ça.
J’ai une résistance hors du commun, je le sais, je la tiens de mon père. Je peux me lever à 5h30, en me couchant à minuit, enchaîner 10 à 12 heures de travail, une séance de sport. Me lever tôt aussi le samedi et aller au sport. Me lever aussi à 5h30 le dimanche et partir à Reims pour 12 heures physiquement et affectivement épuisantes. Je peux faire tout ça… Mais pas indéfiniment.
Voilà trois ans que je le fais, des semaines de six jours, laisser Chéri seul trois dimanches sur quatre, partir en vacances moins d’une semaine pour ne pas m’éloigner de mes parents, et profiter de mes vacances pendant lesquelles je ne pars pas pour aller les voir encore plus souvent.
Je me suis parfaitement bien remise de ma lourde opération de l’été dernier grâce à une hygiène de vie plus que correcte, et j’ai repris ce rythme six semaines après avoir été opérée. Mais aujourd’hui, je sens que mes forces s’amenuisent, je suis moins performante au travail. Il me faut dix heures pour faire ce que je ferais en huit heures si j’étais reposée. Chéri me manque. Je le vois à peine deux heures par jour, y compris le dimanche.Et ce n’est pas juste, ni pour lui, ni pour moi.
Et puis tout simplement, j’évolue, je fais un énorme (oui, ENORME) travail psychologique sur moi en plus du reste, et je ne veux plus me faire passer après tout et tout le monde. Alors cette crise d’angoisse est tombée à point nommé et me force à essayer de changer un peu mon emploi du temps.
Finalement, grâce à elle, je vais tirer de beaux enseignements avant de me diriger vers un second burn-out. En faire un, c’est un accident de parcours, en faire un deuxième, c’est n’avoir tiré aucun enseignement du premier et ce serait bien dommage.
Ce que je sais, c’est qu’en aucun cas je ne veux faire moins de sport. Non seulement j’aime faire de la musculation, c’est très technique, ça demande beaucoup de concentration, c’est un combat entre soi et soi et j’adore ça. Et autre chose essentielle pour moi, peut-être futile pour d’autres, mais réellement essentielle pour moi, je ne veux pas regrossir ! Pour la première fois de ma vie je suis mince (oui, j’ose employer le mot, je vous expliquerai pourquoi dans le prochain article), et cette sensation de légèreté de mon corps qui m’a été inconnue pendant 55 ans, pour rien au monde je ne veux la perdre !!!!!!!!!!!!!
Et pour rester mince et sportive tout en récupérant de mes séances de sport et de mes longues journées, il y a trois axes à ne pas négliger.
L’alimentation. L’activité physique. Le sommeil.
L’alimentation, je suis dans les clous. Je consomme tous les macros nutriments, et surtout tous les micros nutriments nécessaires. Mes analyses sont parfaites. Pas juste les analyses sanguines habituelles, glycémie, cholestérol… Egalement l’analyse de ma masse osseuse, ma masse hydrique… Je mange bien plus qu’il y a quelques années, logique au vu de mes dépenses énergétiques. Je mange bien mieux. Je mange plusieurs fois par semaine des « aliments plaisir ». Oui, je pense que la clé pour rester mince n’est pas de ne rien manger pendant la semaine et lâcher les vannes le week-end. Ca je l’ai fait pendant des décennies, me priver de tout et manger outre-mesure en fin de semaine.
Et ça, c’est voué à l’échec, j’ai maigri-regrossi sans fin. Non, maintenant, quand j’ai envie de quelque chose, je le mange, peu importe que ce soit la semaine ou le week-end. Ainsi je ne suis pas frustrée, je n’y pense pas non-stop pendant des jours et des jours… Il n’y a aucun aliment interdit, aucun aliment diabolisé, enfin j’ai compris ça. Et de ce fait beaucoup d’envies disparaissent. Et comme j’ai retrouvé la notion de satiété et de plaisir, je mange ce qui me fait envie dans des quantités plutôt petites, au bout de quelques bouchées, le plaisir pur, l’envie s’amenuisent, alors j’arrête, tout simplement. Enfin, j’écris « tout simplement » car bien sûr ça paraît évident, du bon sens logique, mais pour une obèse ayant perdu tout sens des proportions (le tout ou rien) et toute notion de satiété, rien de plus difficile. Là aussi ça demande un ENORME travail sur soi.
Maintenant que j’aime (enfin, je commence) mon corps et sa tonicité, j’ai envie de manger ce qui me permettra de progresser au sport. Bref, l’axe alimentaire, depuis deux ans, je l’ai bien en main il me semble, j’ancre les habitudes, je me libère d’un carcan mental que vous n’imaginez pas. Et ça, bien évidement, je ne l’ai pas fait seule. Paul m’a aidée, inlassablement, au jour-le-jour, m’expliquant les macros nutriments, les micros nutriments, m’apprenant beaucoup de choses, me faisant découvrir beaucoup d’aliments.
L’axe de l’activité sportive, lui aussi commence à être bien en place. Je ne fais plus de sport par obligation comme au début, car on nous a ressassé inlassablement que l’activité physique est essentielle. Les six premiers mois en effet, je n’ai pris aucun plaisir, soyons honnêtes. Les endorphines n’apparaissent pas par miracle au bout de quelques séances de sport. Oh que non ! J’ai d’abord serré les dents, prenant terriblement sur moi pour aller à chaque séance plutôt que rentrer chez moi et me vautrer confortablement sur le canapé en mangeant des chips. Mais aujourd’hui, oui c’est un plaisir, et même, un besoin. Si je passe plus de trois jours sans faire de sport, je me sens moins bien, physiquement et mentalement. Deux fois par an, je fais une semaine complète sans séance, pour recharger mes batteries. Et deux fois par an, je vais chez un ostéopathe qui remet tout bien d’aplomb. Depuis que je fais ça, je n’ai eu aucune blessure. Paul est extrêmement vigilant aux signaux de fatigue, de sur-entraînement. Avec JC, je ne sais pas si vous vous souvenez, je me suis blessée à de multiples reprises…
Je fais mes séances la plupart du temps avec Paul car j’y trouve une réelle émulation, nous échangeons beaucoup, j’adore les défis qu’il me lance, mais je vais aussi faire du sport quand il n’est pas là, quand il est en vacances, quand il part pour un tournoi de hockey… C’est le signe que j’aime ça, sinon je n’en ferais qu’avec lui. En plus des séances, je marche. Chaque jour. Beaucoup. Entre cinq et dix kilomètres.
Alors l’axe qui ne va pas, mais pas du tout, et qui me mène doucement mais sûrement vers l’épuisement, l’angoisse, et pourrait favoriser la reprise de poids, et bien c’est le sommeil. J’ai toujours été une petite dormeuse, et une lève-tôt. Etudiante, je me levais à trois heures du matin pour réviser. J’ai toujours eu un sommeil léger, court, mais récupérateur.
Mais depuis quelque temps, les cinq heures de sommeil, bien que récupératrices, ne suffisent pas, je le sens. Quand je rentre du sport, je prends ma douche, nous dînons vers 20h30, et à 21h30 je commence à dodeliner de la tête. Je lutte, pour passer un peu plus de temps avec Chéri. Et quand je finis par me coucher, ce qui me perd, c’est que je commence à regarder Instagram ou autre sur mon téléphone. Au lieu de lire, ce qui m’endort à coup sûr, regarder les réseaux sociaux me tient éveillée. Du coup, bien souvent, je ne m’endors pas avant minuit. C’est là que ça pèche.
Et c’est là-dessus que je vais maintenant travailler. Je vais me coucher entre 22h30 et 23h maximum. Et je sais qu’après les journées que je passe, si je ne me mets pas à regarder le téléphone, je m’endors instantanément. Parfois je me réveille entre trois et quatre heures du matin et peine à me rendormir, mais souvent, je dors d’une traite jusqu’à 5h30. Et là, j’ai 6h30 de sommeil, et c’est la bonne dose pour moi, ces jours-là je suis en pleine forme, et j’abats beaucoup de travail. Alors c’est là-dessus que je vais me concentrer. Eteindre la lumière avant 23 heures.
Ensuite j’entame ma journée. Levée 5h30, douche, maquillage, à 6h15 je suis prête. Je prépare mon bento pour le déjeuner, je prépare mon petit-déjeuner et là, je m’accorde 45 minutes pour le petit déjeuner. Je m’accorde ce temps au calme pour regarder les réseaux. J’arrive au bureau à 7h45 (et non plus à 7 heures). Et habituellement je pars à 17h30 pour être à ma séance de sport à 18 heures. Mais dès le 1er septembre, Paul change d’endroit (ça aussi je vais vous expliquer) et ce sera un peu plus loin. Je partirai donc du bureau à 17 heures, ce qui est de toute façon mon horaire normal (8h-17h). Je ne vois pas d’autre solution pour le moment.
Je ne veux pas diminuer le sport. Je ne veux pas aller moins souvent à Reims, je veux accompagner mes parents jusqu’à la fin de leur vie, et profiter d’eux au maximum tant qu’ils sont là, ce n’est pas quand ils seront morts qu’il faudra pleurer et avoir des regrets, c’est maintenant que je veux être avec eux. Je veux profiter de soirées un peu plus longues avec Chéri. Je veux être en forme le samedi pour faire des choses avec Chéri, et non pas m’endormir le samedi après-midi. Alors, je vais faire des journées de travail un peu moins longues, décrocher des réseaux sociaux. Je verrai si d’ici quelques mois je me sens moins fatiguée, sinon, je réfléchirai à d’autres choses.
Finalement, grâce à cette grosse crise d’angoisse, je dois regarder les choses bien en face et apporter des changements. Personne ne le fera pour moi. C’est à moi de prendre soin de moi. Et ne pas dire que c’est la faute de telle ou telle chose extérieure, non, moi seule suis responsable de ce que je fais ou ne fais pas. Ca aussi je l’ai appris et compris. Le seul moyen de parvenir à ce qu’on souhaite c’est d’avoir l’honnêteté de se regarder en face et de ne pas blâmer les causes extérieures. Mais de nous changer nous. Les autres ne changeront pas. Le travail ne changera pas. La nourriture ne changera pas. Alors à nous de faire en sorte d’obtenir ce que nous désirons plus que tout. Et ce n’est pas facile. C’est même ce qu’il y a de plus difficile.
Samedi nous ferons une nouvelle séance de PNL/hypnose avec Paul pour entériner tout ce à quoi j’ai réfléchi ces jours-ci.
Je vous le dis, comme à la fin de chaque article, et je vous le dis parce que je le pense, prenez soin de vous:-)
Quel bel article qui donne à réfléchir… J’espère que tu pourras trouver un équilibre qui te donne satisfaction.
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Merci pour ce long article et… prends soin de toi!
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Ah, les crises de panique, d’angoisse irrationnelles ! Rien que d’y penser, j’en referais presque. Maintenant, quand , de loin en loin, j’en sens venir une, je prends ma respiration et respire et souffle lentement, profondément, la technique du yoga en somme..Fatigue, manque de sommeil (pour moi), stress, on ne sait pourquoi à tel ou tel moment, elles surgissent à l’improviste..Dans ton cas, faut dire que tu as une vie bien remplie…Parfois, on dit qu’il faut prendre le temps de ne rien faire, l’éloge de la paresse a du bon…Bon week-end….reposant, heu !
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Je souhaite vraiment que vous arriviez à tout coordonner comme vous le voulez vous le méritez amplement.
Alixia
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Comme je te comprends et comme dit Julie ça arrive à l’improviste ou tout du moins on ne voit pas pourquoi la crise se manifeste alors qu’il y a sans doute un déclencheur tapi dans un coin. Le stress, la fatigue, le temps qui file trop vite …ou pas assez parfois, le contre coup d’un effort qui nous a mobilisé puis on relâche, la peur de voir tous nos efforts mis à mal, sentir que l’on passe à côté…
Ton analyse de ce qui t’arrive est très intéressante et parlante et tu as la bonne attitude selon moi. Que tu puisses ajuster tout cela au mieux pour toi et pour ceux qui te sont chers et Chéri est un sacré chéri 😊 bises à vous tous
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Bonjour Claude,
Je suis tellement contente de lire ça… mais vous vous en doutez 😉
Moins de travail = + de sommeil et + de chéri : c’est la bonne équation. Il n’y a pas de raison que ça ne marche pas.
Mais pas facile de faire comprendre au boulot que vous donnez trop, et de demander de l’assistance avant qu’il soit trop tard. On a tendance à retomber dans les mêmes fonctionnements. Alors je croise les doigts !
Merci pour le retour sur ce blog. En espérant qu’il restera du temps pour quelques mots ici certains matins.
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