Bien joué mes p’tites roses

J’ai plein de paires de chaussures de sport (enfin plein, j’en ai quatre). Je ne mets jamais deux fois de suite la même paire pour deux séances consécutives. Mais ce qui est inamovible, c’est que pour la séance du samedi je mets celles que je surnomme Les p’tites roses. C’est devenu une espèce de rituel. Je ne les mets que le samedi. De même que le samedi matin, je vais en avance à la salle de sport, une vingtaine de minutes avant l’heure de la séance, afin de boire un café à l’accueil, et discuter avec l’équipe en attendant Paul.

L’ordre des séances est immuable. Dimanche et lundi, off. Mardi, séance muscu dos. Mercredi, séance muscu pecs. Jeudi séance muscu jambes. Vendredi séance muscu bras-épaules. Samedi, séance cardio. Le samedi les p’tites roses font donc du cardio intensif. Qui consiste en du vélo, de l’assault bike ou du rameur. Des blocs de quatre minutes, l’intensité augmentant à chaque minute, et la dernière, c’est un sprint. Chaque semaine, le Coach augment légèrement les intensités. Ces blocs, c’est vraiment un combat entre moi et moi. Le mental compte autant, voire plus que le corps, car c’est court mais il faut tout donner, et plus encore.

Après ces blocs, on termine soit par des burpees, soit par des pompes. Les burpees, vous le savez, c’est sans doute l’exercice cardio le plus complet et le plus difficile à exécuter . J’en ai fait au fil des semaines des centaines, pour ne pas dire des milliers, et j’en bave indescriptiblement. Mais depuis un mois, le défi de fin de séances n’est plus le quart d’heure burpees, mais… des pompes. Oui, depuis un mois, je réussis à faire de vraies pompes.

La première fois, j’ai sauté partout en criant. Car faire une vraie pompe, sur les pieds et non sur les genoux, techniquement propre, ça ne me paraissait pas à ma portée. Et en effet, peu de femmes font les pompes, et encore moins de femmes de plus de 50 ans, qui n’en avaient jamais fait avant. Et surtout pas moi ! La première fois, j’en ai fait quatre, et ce fut un bonheur indescriptible. Le samedi suivant j’en ai fait neuf. Le samedi suivant, Paul m’a mise au défi, me disant que dix lui paraissait possible, mais pas plus. Et que si j’en faisais plus, il m’offrait ce que je voulais au bar de l’Usine.

Attention, le bar de l’Usine, c’est un bar qui fait des shakers sportifs, propose des boissons protéinées, des barres protéinées, ce n’est pas un bar traditionnel:-))))) Vous me connaissez, j’adore les challenges, les paris, les défis, et je suis orgueilleuses. Donc non seulement j’ai fait les dix pompes, mais j’ai réussi à en faire 12 ! J’ai choisi au bar un shaker avec protéines noix de coco, lait d’avoine, banane et ananas frais, le tout mixé. Un délice !

Le samedi suivant, Paul me dit, tu as progressé de 9 à 12, donc une progression de trois pompes alors cette semaine je te mets au défi d’en faire trois de plus, soit 15. Waouh, après les sprints au vélo, faire 15 pompes me paraissait impossible. Mais…je suis orgueilleuse, très orgueilleuse, trop dans certaines situations:-) Mais là l’orgueil, et le mental m’ont bien aidée, et j’ai fait 16 pompes. Défi réussi ! J’ai cette fois choisi dans ce que vend le bar de la salle de sport une barre protéinée Snickers. Je l’ai mangée dans la semaine en collation au bureau, ce n’est pas mauvais.

Ce matin, après les blocs de vélo, à nouveau le défi pompes. La dernière fois j’en ai fait 16, mais le défi était de 15. Donc trois de plus, aujourd’hui, défi de 18 pompes. Pour quelqu’un qui il y a encore un mois ne savait que faire des pompes sur les genoux, faire 18 vraies pompes, ça paraît insurmontable. D’autant que je ne m’entraîne pas à faire des pompes, j’en fais juste le samedi matin.

Je me suis dit, vas-y, débranche ton cerveau, ne pense qu’aux pompes, une par une, et fais le max… Et je l’ai fait. J’entendais Paul qui comptait, comptait… Et arrivée à 18 je me suis dit, vas-y, continue, tant que le Coach valide la technique, que ça passe, que les pompes sont propres, vas-y, et 18 ce n’est pas un compte rond, alors vas-y continue ! Et j’ai fait 20 pompes. 20 pompes !!! J’entendais la voix de Paul qui me disait, allez, encore une, encore une, tu peux, la technique est encore bonne. Mais à la 21e, je suis descendue, et impossible de remonter, je suis restée à plat ventre. Et là…je me suis mise à pleurer. Paul m’a relevée et m’a dit, vas-y, c’est la pression qui retombe. Oui, quand la pression redescend, on rit, ou on pleure, chacun réagit comme il peut. Je me sentais tellement bien !

Faire 20 pompes, pour moi c’est quelque chose d’extraordinaire, très symbolique, au-delà du symbolique même. On est ensuite allés au bar de l’Usine, et aujourd’hui, j’ai choisi une barre Mars protéinée. Je la mangerai en collation un jour de la semaine prochaine avant le sport. Ce sont des barres protéinées de moins bonne composition que les protéines que je consomme habituellement, mais n’importe. Comme dit le Coach, ça dépanne.

Mon objectif, c’est faire 30 pompes d’affilée. Paul en fait 50. Si moi j’en fais 30 ce sera incroyable. 30 kilos… 30 pompes… 3 tractions.

Car oui, le prochain rêve que je veux voir devenir réalité, après les burpees et les pompes, ce sont les tractions. La traction, c’est l’exercice ultime. Le plus difficile côté technique. De la muscu à l’état pur. Les burpees c’est du cardio. Les tractions, de la pure muscu. Soulever le poids de son corps avec les bras. Et qui demande un rapport poids de corps/force/masse musculaire impeccable. Dès le premier jour il y a deux ans j’ai dit à Paul que mon rêve ultime, c’est faire des tractions.

Il m’a tout de suite dit que c’est ce qu’il y a de plus difficile, peu sont capables de faire une traction avec la bonne technique, une traction correcte. Et qu’il était persuadé que je pourrais en faire, avec beaucoup de travail. Et surtout, quand mon rapport poids de corps/force/masse musculaire serait correct. Et là, on y est à ce rapport correct, il me l’a dit lors du bilan des deux ans le 30 juin. On va donc commencer à travailler la technique. Et bien croyez-moi, j’en ferai des tractions ! Pas tout de suite, pas avant six mois au bas mot, mais j’en ferai, je me le promets !

Enfin, voilà pour ma séance de ce matin. Chaque séance est marquée de « micros wins » comme dit Paul. Chaque séance est un gros travail. Je n’ai jamais manqué une séance, que je sois fatiguée, épuisée, enrhumée, débordée de travail, les séances je les considère comme des rendez-vous avec moi, pour moi. Et chaque séance, je me donne à fond, je serre les dents, et je progresse. Si j’ai trop de travail, je vais au bureau plus tôt le lendemain matin, si je suis fatiguée, je sais que la séance ne sera pas la meilleure mais je donne le maximum. Bref, je me fais ce cadeau de m’occuper de moi, d’être en forme à 55 ans plus que je l’étais à 20 ans.

Quand c’est le moment de ma séance, je suis ma priorité, mon téléphone reste dans mon casier et pendant une heure, je pense à moi et c’est tout. Et ensuite, pendant les 23 autres heures de la journée, je reprends mes activités, je fais passer les autres en priorité, je m’occupe de beaucoup de choses, de beaucoup de gens. Mais mes séances de sport, c’est le cadeau que je m’offre, et pour la première fois de ma vie, je commence à me sentir bien dans ma peau, je commence à me sentir légitime, et avec l’impression que j’ai le droit de penser à moi, et le droit d’accepter les compliments, d’être un peu bienveillante avec moi…

En rentrant du sport, j’ai déjeuné (je vous montre après), pris ma douche, et en toute fin d’après-midi, avec Chéri, nous sommes allés voir Mission Impossible. Trois heures de cinéma où on en prend plein les yeux, du bon divertissement.

Nous sommes rentrés à 20h30, et avons dîné à 21 heures Et là, je ne vais pas tarder à aller me coucher, car demain, levée six heures, Chéri et moi allons à Reims, comme un dimanche sur deux.

Chéri vient une fois sur trois, les autres fois j’y vais seule. Chéri a préparé comme à chaque fois un beau plat pour ma mère, ainsi je peux lui surgeler environ une dizaine de barquettes, car elle n’a plus la force de cuisiner, et elle se régale bien mieux avec ça que si je lui achetais des plats tout prêts. Demain, la routine habituelle. On arrive vers 9 heures, on prend un café chez ma mère. Courses. Déjeuner chez ma mère. Ehpad pour passer deux heures avec mon père. Repasser une heure et boire un café chez ma mère. Reprendre le train. Rentrée Paris 19 heures.

Pour finir, je vous montre les repas d’aujourd’hui. Ce matin à 7h30, porridge avec flocons d’avoine, dose de protéines et lait d’amandes. Une demi heure avant la séance, banane et une poignée d’oléagineux.

A 12h15 en arrivant à la salle, j’ai bu un café.

En rentrant du sport, à 14h30, j’ai déjeuné du reste d’omelette et de melon. Pas de collation cet après-midi, la séance pour Mission Impossible était à 17 heures, et je n’avais pas faim ayant déjeuné tardivement. Pour le dîner, ratatouille (oui ma passion pour la ratatouille est toujours intacte), une demi chipolata et une demi saucisse fumée.

Voilà, un chouette samedi qui se finit, je vais me coucher courbaturée mais tellement heureuse ! J’espère que le vôtre s’est bien passé, et je vous souhaite d’ores et déjà un bon dimanche.

7 réflexions au sujet de « Bien joué mes p’tites roses »

    1. Je mets 30 grammes de flocons d’avoine. 30 grammes de protéines (pas obligatoire évidemment), 20 cl de boisson végétale (amandes, coco, avoine, riz, épeautre selon mon goût du moment, et ça peut être tout simplement du lait si tu aimes le lait). Je mélange bien, et ensuite, deux minutes au micro-ondes. Puis je laisse refroidir un peu le temps de faire mon café et c’est tout. Tu peux ajouter du sucre, des morceaux de fruits, varier le plaisir à l’infini:-)
      Et pour une version plus « solide », je mets 30g de flocons d’avoine, plus trois blancs d’oeufs, et 5 amandes coupées en morceaux, et deux minutes au micro-ondes. Et je démoule (ça sort tout seul du bol), et je mange après avoir laissé refroidir quelques minutes. Je mets dessus un peu de caco en poudre, ou du sirop d’érable non sucré. Tu peux aussi mettre dessus du beurre de cacaouètes…

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  1. Mon fils vient de repartir avec son fils, il a acheté 3 pompes aux grattons….Ok, celle-là est facile…Bravo en tout cas pour ta persévérance…Je ne suis pas sûre que beaucoup d’hommes arrivent à faire 20 pompes..sans grattons..

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  2. Un seul mot B R A V O, ma première impression était la bonne, tu es effectivement joyeuse !!! De plus réussir à s’occuper de soi c’est le nirvana, je n’y arrive pas à « chaque » fois hélas je pense quand même qu’il y a des gènes, la paix intérieure n’a pas de prix ….
    Mes repas sont à peu de choses près idem que les tiens, j’ai réussi à abandonner mes vieux démons de manger pour tout et rien et sentir la satiété, tout ce que tu dis est vraiment réel, il faut le vivre, c’est super ton parcours et aller une pompe de plus lol !!! ♥♥♥

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