Je veux… Quoi ? Là est la question

Depuis plusieurs jours, cette question s’impose et me tourne en tête. Même la nuit.

Deux semaines complètes que j’ai réduit le Prozac. Je prenais depuis août 2024 la plus faible dose (1 comprimé de 20mg par jour), depuis deux semaines complètes, et j’entame la troisième, je prends un demi-comprimé.

Pas d’effet négatif sur le moral ni sur le sommeil constaté pour l’instant. Au contraire, je dors plus profondément. Ma concentration quand je travaille, quand je lis, est bien présente. En revanche j’ai fait quelques étourderies. J’ai oublié mon téléphone portable chez ma mère samedi dernier ; en faisant ses courses, j’ai omis de lui acheter des éponges ; j’ai mis une machine de linge à tourner, et je ne me suis souvenue d’étendre le linge que le lendemain matin.

De petites étourderies, peu, mais je ne suis vraiment pas étourdie en général. Physiquement, un peu plus de désagréments. Quelques diarrhées la première semaine. La semaine dernière, à trois reprises, des espèces de malaises. Notamment ce samedi en faisant les courses pour ma mère. En entrant dans le supermarché, habituellement j’ai toujours froid, il est climatisé très fort. Mais là, au bout de dix minutes, j’ai senti de la sueur dégouliner sur tout mon visage, le long de mon dos. Une sueur désagréable, vous savez, une sueur froide.

Et en même temps je sentais une vague de chaleur, alors que j’étais très pâle, plus encore que d’habitude. Je marchais au ralenti, je luttais pour rester présente, mais je me sentais partir. Ca a duré une vingtaine de minutes. Mais je me sentais complètement à côté de la plaque, des vertiges et la tête qui tournait. J’ai mis deux heures à faire les courses, contre une heure 15 habituellement.

Le supermarché est à moins de 10 minutes à pied de chez ma mère, j’ai cru que je n’arriverais pas à faire le chemin de retour, d’autant que je suis toujours bien chargée. Quand je suis finalement arrivée chez ma mère, elle commençait à s’inquiéter de ma longue absence, j’ai dû m’assoir, boire, prendre quelques minutes pour me sentir bien à nouveau. Elle m’a fait remarquer comme j’étais pâle, en effet, je suis allée me regarder, et j’étais livide. J’ai la peau claire, ça c’est un fait mais là c’était presque effrayant.

Cela fait d’ailleurs plusieurs jours que je suis vraiment très pâle. Le reste de la journée s’est bien passé, mais j’ai eu trois légers malaises comme ça la semaine dernière. On verra cette semaine. Autre détail sur le plan physique, j’ai faim. J’ai faim non-stop. Alors je mange.

Et… entre ma thyroïde qui fait des siennes depuis un petit moment et cette faim permanente, j’ai pris cinq kilos. Bon… Cinq kilos ce n’est pas grand-chose. Je rentre toujours dans mes vêtements taille 38, je suppose que cette faim va se calmer et que tout va rentrer dans l’ordre. Cependant vous connaissez mon passif. Et cinq kilos, ça relance mes peurs, mes terreurs même.

L’ancienne obèse en moi (oui je serai TOUJOURS une ancienne obèse, et non pas une mince) est aux aguets. Et c’est ça qui me trotte en tête et me fait me demander ce que je veux exactement. Cette peur panique de (re)grossir ouvre tellement de questions, d’insécurité. J’ai lutté pendant plusieurs décennies avant d’enfin comprendre que mon corps n’est pas un ennemi, mais au contraire mon plus bel allié. Depuis cinq ans, j’ai éliminé 40 kilos.

40 kilos en trois ans, doucement, tranquillement, et je suis stable depuis deux ans. J’ai enfin remis la nourriture à sa place, qui n’est plus celle du réconfort et de l’anesthésie de mon mal-être mais au contraire une place de carburant pour que mon corps fonctionne bien, une place de plaisir quand j’en ai envie, une place importante, mais pas le seul centre d’intérêt de ma vie comme longtemps elle l’a été.

Je me sens enfin une, cerveau et corps en une seule et même entité, je commence à m’estimer, à m’aimer, à me faire confiance. Même la mort de mon père ne m’a pas fait retomber dans la nourriture à outrance. Aujourd’hui j’ai compris, intégré, assimilé que me rendre malade en outre mangeant ne résout rien, n’atténue rien. J’ai appris à accepter les émotions, les bonnes et les mauvaise, les joies et les peines intenses, sans les relier à la nourriture, juste en les laissant faire leur chemin. Cela m’a demandé un travail dont je n’avais pas idée. Car faire un régime pour maigrir, ce n’est pas le plus difficile. La partie si compliquée, c’est de comprendre pourquoi la nourriture est le refuge absolu, afin de ne pas regrossir dès que le régime est terminé.

Et ça, ça demande beaucoup d’humilité, d’accepter de se regarder bien en face, d’avoir l’honnêteté de se dire que tout n’est pas la faute des autres, des circonstances extérieures. Bien sûr cela représente une partie, sinon il n’y aurait que des gens heureux parce qu’ils ont décidé de l’être. Non c’est plus compliqué. Mais la première chose c’est accepter ce qui est arrivé, et s’en servir pour aller mieux. Car on est seul, seul dans notre corps, dans notre tête, personne ne peut agir pour nous, et surtout, nous seuls pouvons décider de nous « foutre la paix » une bonne fois pour toute, d’être un peu gentil avec nous.

Bref, tout ça pour dire que j’ai trouvé ce qui me convient en terme de forme physique, une silhouette dans laquelle je me sens bien, un corps qui me permet de courir, de sauter (faut que je vous raconte, depuis plus de deux ans que je n’écrivais plus, tout ce que j’ai fais en terme de sauts, de courses, de sport, c’est trop chouette), qui me fait me sentir sûre de moi, sans tout le temps me demander si on ne voit pas mes bourrelets et papati et patata. Alors oui, prendre cinq kilos, ça me renvoie à des peurs profondes, qui remontent de tellement loin. Et très concrètement, je me sens lourde pour courir (j’ai deux courses et un hyrox en préparation, qui arrivent, l’une en septembre, la deuxième en octobre, et le dernier en décembre), et je le dis tout net, ça me fait chier de me sentir lourde !

Et en même temps, j’ai faim non-stop, et c’est terminé l’époque où je m’affamais. Alors c’est ça qui tourne en boucle dans ma tête. Et une seconde chose. La semaine prochaine j’ai 59 ans. Peu importe, 59 n’est pas un nombre sur lequel s’arrêter. 60 en revanche, si.

Alors, dès mardi prochain commence le décompte avant de fêter mes 60 ans. Et depuis cinq ans, j’ai relevé plusieurs défis, réalisé plusieurs rêves que mon poids et mon peu d’estime de moi m’avaient fait croire inaccessibles. Pour mon soixantième anniversaire, je veux être celle que je n’ai pas été à 20, 30, 40 et 50 ans🤩🧐. Le décompte commence dès mardi prochain, lendemain de mon anniversaire. Mais il n’empêche que ce qui tourne en boucle c’est que je ne sais pas vraiment ce que je veux. M’accepter même si mon poids varie de quelques kilos ? Ou me battre à nouveau pour que ça redescende ? Ce n’est que la question du dessus de l’iceberg, qui en entraîne des dizaines d’autres. Alors, effet du sevrage de l’anti-dépresseur qui me fait me remettre en question à nouveau ? Pour m’aider à répondre à mes nombreuses questions, je compte sur mon cahier magique, et son acolyte l’agenda, daté à partir du 31 août.

Je vous les présente très vite. Bon début de semaine vous tous, prenez soin de vous.

PS : les photos traditionnelles du samedi. Dans le train samedi matin, j’étais un peu agacée par les 40 minutes de retard.

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